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30.07.2006

30 juillet 2006 (Cessez le feu !)

Cessez le feu !

Les milices du Hezbollah crient victoire après le retrait des troupes israéliennes de Bint Jbeil. Selon diverses sources, huit soldats israéliens et cinquante combattants du Hezbollah auraient ont péri dans les affrontements. Les deux parties démentent.

D’ores et déjà, on déplore pour sûr quinze victimes civiles dans cette zone. Quinze victimes de trop.

Le Premier Ministre israélien Ehoud Olmert informe la Secrétaire d’état américaine Condoleezza Rice que dix à quinze jours de plus seront nécessaires afin de terminer l’offensive. À l’ONU, le gouvernement américain soutient qu’il appuie un cessez-le-feu, le plus rapidement possible. Dix à quinze jours, par exemple ? La communauté des nations, qui refuse de donner à l’ONU et à son secrétaire général Kofi Annan le pouvoir dont l’organisation a besoin, ne peut que constater les dégâts de cette inaction complice.

D’ores et déjà, un pays tout entier est pour sûr la victime de ce conflit : le Liban sert de champ à une bataille dont sa population est otage. En dix-huit jours 800'000 personnes ont été déplacées. 800'000 victimes civiles et un pays victime de trop.

Le Hezbollah se félicite de l’efficacité grandissante des roquettes qu’il envoie sur Haïfa, Nahariyya et Saint-Jean d’Acre. Al-Qaida promet de se joindre aux combats et d’amener la terreur plus profondément sur le territoire d’Israël.

D’ores et déjà, huit civils israéliens pour sûr ont péri sous leur feu. Huit victimes de trop.

À Washington, le président Bush retrouve ses réflexes et poursuit sa fuite en avant : selon lui, la situation au Liban est une des nouvelles conséquences des attentats du 11 septembre. Il prône une politique ferme et promet que les USA feront le ménage au Proche-Orient.

Trop c'est trop. Il faut faire cesser immédiatement cet acharnement militaire et la spirale de la violence !

J’exhorte le Conseil de sécurité à adopter des mesures fermes, à exiger un cessez-le-feu immédiat et à établir une force d’interposition militaire internationale onusienne sous commandement européen, probablement français.

Car en effet, d’ores et déjà, en dix-huit jours, six cents civils ont été abattus au Liban.

Six cents victimes de trop.

05.07.2006

5 juillet 2006

Comme beaucoup de mes compatriotes, j'aime regarder les matchs du Mondial 2006 sur les chaînes françaises, même si j'habite à l'étranger. J'y retrouve notre chauvinisme à tous, les commentaires partisans des journalistes - eux qui aiment tant à clamer combien leur métier est noble et impartial ! -, les avis d'experts familiers tels qu'Arsène Wenger ou Gérard Houiller.

Le monde satellitaire est là pour nous servir, et l'offre est multiple...

Effet secondaire de la radiodiffusion télévisuelle par satellite, c'est que nous exportons aussi nos pubs, qui en disent bien plus long sur nous que les commentaires sportifs associés aux compétitions. J'ai été sidéré de découvrir pendant ce Mondial une pub mettant en scène un supporter des bleus et des auto-stoppeurs tour à tour helvétiques ou espagnols...

Un désastre d'arrogance, voire de xénophobie ou de racisme.

J'entends déjà les adeptes du "second degré" qui me feront remarquer que je n'y entends rien à l'humour métropolitain, tout ramolli que je suis par un séjour trop prolongé à l'étranger.

Las ! Ils ne se rendent pas compte de l'effet dévastateur d'un telle pub sur l'image qu'elle exporte.

Pire, je suis persuadé que les professionnels du marketing qui ont mis au point cette campagne sont tout à fait conscients de la fibre qu'elle fait vibrer chez les spectateurs : ils ont compris que l'on pouvait vendre des bagnoles en flattant le racisme qui sommeille chez leurs clients potentiels !

Mieux, alors que le mondial 1998 avait mis en avant la mixité de l'équipe (et par-delà de la société) française comme un des facteurs fondamentaux de notre richesse et de notre succès, voici que la campagne 2006 met en pièces cet approche solidaire au profit d'un nationalisme radical... qui me fait peur.

Je vois pointer de nouveau le spectre des élections présidentielles. Deux fois de suite, ce ne serait plus un accident de parcours.