09.05.2007

Travailler plus pour gagner plus ?

Une fois les résultats annoncés, je me suis demandé pourquoi mes compatriotes avaient voté avec autant d'entrain pour Nicolas Sarkozy. Les commentaires les plus fréquents, à la sortie des urnes, mentionnaient le "travailler plus pour gagner plus".

J'ai donc saisi ma calculette (ou plus précisément mon tableur.)

Le résultat me semble tout à fait éloquent.

Le SMIC horaire est actuellement de 8,27 Euros brut de l'heure, pour un salaire brut mensuel de 1254 Euros pour 151,67 heures par mois.

Les salariés pourront (peut-être) travailler 600 heures supplémentaires par an, soit 50 par mois en moyenne, à un taux horaire (+25%) de 10,34 brut.

Le salaire mensuel sera alors de 1771 euros pour 201,67 heures, soit 8,78 euros brut de l'heure et 45 heures par semaine.

Le travailler plus permet donc de gagner 51 centimes de plus de l'heure !

Je n'hésite pas à penser que Nicolas Sarkozy a su présenter de manière très attractive des idées qui ne serviront pas nécessairement l'intérêt de tous ceux qui ont voté pour lui !

PS - Ce sont des salaires bruts. Si l'on parle des salaires nets, il est bon de noter que 50% des français ont un revenu annuel inférieur à 15'000 Euros. Ils sont tous concernés.

08.03.2007

Nous les avons aidé à mourir...

  1. Les 2134 signataires du Manifeste : texte intégral et liste complète

« Nous, soignants, avons, en conscience, aidé médicalement des patients à mourir... » Médecins, infirmières, aides-soignantes, ils sont 2 134, en France, à avoir signé le manifeste lancé par le docteur Denis Labayle (lire ci-contre et en page 4) dans la revue « Pratiques, les Cahiers de la médecine utopique ». Un texte qui fera date, sciemment publié à quelques jours de l'ouverture du procès de Chantal Chanel et Laurence Tramois. Lundi prochain, l'infirmière et le médecin de Saint-Astier comparaîtront devant la cour d'assises de la Dordogne pour empoisonnement et complicité d'empoisonnement (lire par ailleurs).
Depuis des années, les questions de fin de vie ne cessent de provoquer dans l'opinion des prises de position parfois violentes, mais aussi d'incessantes interrogations dans le milieu médical. Lorsque le docteur Frédéric Chaussoy avait été mis en examen pour empoisonnement avec préméditation après la mort de Vincent Humbert, un jeune paraplégique qui ne cessait de réclamer d'en finir, 3 000 médecins avaient signé une pétition de soutien.


Enfreindre la loi. Le mouvement lancé par Denis Labayle, chef du service hépato-gastro-entérologie de l'Hôpital sud-francilien d'Evry, va plus loin encore. Si les mots sont soigneusement pesés, le texte est clair. Ses signataires reconnaissent implicitement avoir, au moins une fois, choisi d'enfreindre la loi face à une fin de vie difficile.
C'est en tout cas le message qu'a voulu délivrer un médecin qui aurait pu attendre tranquillement sa retraite prochaine, après presque quarante ans de pratique hospitalière. Mais l'homme, auteur de nombreux livres, dont plusieurs romans, n'est pas du genre à se taire. L'annonce du renvoi de l'infirmière et du médecin de Saint-Astier devant les assises a servi de déclencheur « la goutte d'eau qui fait déborder le vase », comme le dit lui-même le docteur Labayle pour expliquer une démarche sans précédent en France.


Sujet tabou. Car l'euthanasie, si elle touche beaucoup de monde dans une société où les progrès de la médecine ne cessent de repousser les limites du vieillissement, demeure un sujet tabou dans le milieu médical. Les témoignages de familles dans la douleur sont nombreux pour raconter l'implication d'un soignant dans un geste pouvant s'y apparenter. En revanche, les témoignages de ces mêmes soignants sont beaucoup plus rares. Aucun n'ignore, en effet, qu'il peut encourir les foudres de ses pairs et celles de la justice.
Se souvient-on, par exemple, que le bouillant et emblématique cancérologue Léon Schwartzenberg fut suspendu d'exercice pendant un an, en 1991, après avoir avoué publiquement qu'il avait aidé un patient à mourir ? Finalement, la sanction du Conseil de l'ordre fut annulée en 1993 par le Conseil d'Etat, mais pour un simple vice de forme...


Réticences. On comprend dès lors les réticences de certains médecins à évoquer publiquement le sujet. D'autres invoquent, d'abord et avant tout, leur conscience et le serment qu'ils ont prêté.
Face à eux, les signataires du manifeste estiment que la loi reste insuffisante en France. Une loi pourtant modifiée en avril 2005, qui insiste désormais sur la nécessité de respecter la volonté du patient, lequel peut refuser les soins. Le même texte autorise aussi les équipes médicales, en concertation, à ne pas poursuivre certains actes médicaux qui pourraient s'apparenter à un acharnement thérapeutique. Le législateur admet aussi que l'administration de certaines substances, destinées à soulager un patient, peuvent le cas échéant conduire à la mort...
Une sorte de dépénalisation de l'euthanasie dite passive, qui ne satisfait pourtant pas tout le monde. Il y a quelques mois, le rapporteur de la loi, Jean Leonetti, estimait dans ces colonnes que son texte réglait 90 % des cas les plus douloureux de fin de vie. Les tenants de la dépénalisation de l'euthanasie mettent en avant les 10 % restants comme autant de situations dramatiques qui peuvent conduire médecins ou infirmières devant la justice.
Laquelle justice traite au cas par cas les très rares affaires portées à sa connaissance, criminalisant parfois des gestes que ces soignants ont, à un moment donné, estimés nécessaires pour leurs patients.

Paru dans l'édition du 8 mars 2007 du journal Sud-Ouest.

 

27.02.2007

Genève: la "chaise cassée" a repris sa place devant l'ONU

Genève: la "chaise cassée" a repris sa place devant l'ONU
ATS - 26.02.2007, 14:02

GENÈVE - La "chaise cassée" (ou Broken Chair), symbole des victimes des mines antipersonnel, a repris sa place devant l'entrée du Palais des Nations à Genève. Elle avait été démontée en mars 2005 pour faire place aux travaux de réaménagement de la place.

"Cette chaise est un symbole vivant de l'engagement de la société civile contre les mines", a affirmé devant les médias Cornelio Sommaruga. Le président du Centre de déminage humanitaire a souligné l'impact visuel très fort de la sculpture, qui est devenue l'emblème de la Genève internationale.

Propriétaire de la fameuse chaise géante au pied cassé, Handicap International s'est réjoui du retour de la sculpture haute de 12 mètres. Sa réinstallation n'allait pas de soi. Elle avait été remise en cause par certaines voix au sein de l'ONU.

Certains ne goûtaient guère la présence d'un monument boiteux devant l'entrée des Nations unies, craignant que le public assimile ce symbole au fonctionnement de l'institution. Handicap International soupçonne aussi les Etats-Unis, la Russie et la Chine, qui n'ont pas ratifié le traité d'Ottawa d'interdiction des mines, de s'être montrés hostiles à l'oeuvre en coulisse.