08.03.2007

Nous les avons aidé à mourir...

  1. Les 2134 signataires du Manifeste : texte intégral et liste complète

« Nous, soignants, avons, en conscience, aidé médicalement des patients à mourir... » Médecins, infirmières, aides-soignantes, ils sont 2 134, en France, à avoir signé le manifeste lancé par le docteur Denis Labayle (lire ci-contre et en page 4) dans la revue « Pratiques, les Cahiers de la médecine utopique ». Un texte qui fera date, sciemment publié à quelques jours de l'ouverture du procès de Chantal Chanel et Laurence Tramois. Lundi prochain, l'infirmière et le médecin de Saint-Astier comparaîtront devant la cour d'assises de la Dordogne pour empoisonnement et complicité d'empoisonnement (lire par ailleurs).
Depuis des années, les questions de fin de vie ne cessent de provoquer dans l'opinion des prises de position parfois violentes, mais aussi d'incessantes interrogations dans le milieu médical. Lorsque le docteur Frédéric Chaussoy avait été mis en examen pour empoisonnement avec préméditation après la mort de Vincent Humbert, un jeune paraplégique qui ne cessait de réclamer d'en finir, 3 000 médecins avaient signé une pétition de soutien.


Enfreindre la loi. Le mouvement lancé par Denis Labayle, chef du service hépato-gastro-entérologie de l'Hôpital sud-francilien d'Evry, va plus loin encore. Si les mots sont soigneusement pesés, le texte est clair. Ses signataires reconnaissent implicitement avoir, au moins une fois, choisi d'enfreindre la loi face à une fin de vie difficile.
C'est en tout cas le message qu'a voulu délivrer un médecin qui aurait pu attendre tranquillement sa retraite prochaine, après presque quarante ans de pratique hospitalière. Mais l'homme, auteur de nombreux livres, dont plusieurs romans, n'est pas du genre à se taire. L'annonce du renvoi de l'infirmière et du médecin de Saint-Astier devant les assises a servi de déclencheur « la goutte d'eau qui fait déborder le vase », comme le dit lui-même le docteur Labayle pour expliquer une démarche sans précédent en France.


Sujet tabou. Car l'euthanasie, si elle touche beaucoup de monde dans une société où les progrès de la médecine ne cessent de repousser les limites du vieillissement, demeure un sujet tabou dans le milieu médical. Les témoignages de familles dans la douleur sont nombreux pour raconter l'implication d'un soignant dans un geste pouvant s'y apparenter. En revanche, les témoignages de ces mêmes soignants sont beaucoup plus rares. Aucun n'ignore, en effet, qu'il peut encourir les foudres de ses pairs et celles de la justice.
Se souvient-on, par exemple, que le bouillant et emblématique cancérologue Léon Schwartzenberg fut suspendu d'exercice pendant un an, en 1991, après avoir avoué publiquement qu'il avait aidé un patient à mourir ? Finalement, la sanction du Conseil de l'ordre fut annulée en 1993 par le Conseil d'Etat, mais pour un simple vice de forme...


Réticences. On comprend dès lors les réticences de certains médecins à évoquer publiquement le sujet. D'autres invoquent, d'abord et avant tout, leur conscience et le serment qu'ils ont prêté.
Face à eux, les signataires du manifeste estiment que la loi reste insuffisante en France. Une loi pourtant modifiée en avril 2005, qui insiste désormais sur la nécessité de respecter la volonté du patient, lequel peut refuser les soins. Le même texte autorise aussi les équipes médicales, en concertation, à ne pas poursuivre certains actes médicaux qui pourraient s'apparenter à un acharnement thérapeutique. Le législateur admet aussi que l'administration de certaines substances, destinées à soulager un patient, peuvent le cas échéant conduire à la mort...
Une sorte de dépénalisation de l'euthanasie dite passive, qui ne satisfait pourtant pas tout le monde. Il y a quelques mois, le rapporteur de la loi, Jean Leonetti, estimait dans ces colonnes que son texte réglait 90 % des cas les plus douloureux de fin de vie. Les tenants de la dépénalisation de l'euthanasie mettent en avant les 10 % restants comme autant de situations dramatiques qui peuvent conduire médecins ou infirmières devant la justice.
Laquelle justice traite au cas par cas les très rares affaires portées à sa connaissance, criminalisant parfois des gestes que ces soignants ont, à un moment donné, estimés nécessaires pour leurs patients.

Paru dans l'édition du 8 mars 2007 du journal Sud-Ouest.

 

27.02.2007

Genève: la "chaise cassée" a repris sa place devant l'ONU

Genève: la "chaise cassée" a repris sa place devant l'ONU
ATS - 26.02.2007, 14:02

GENÈVE - La "chaise cassée" (ou Broken Chair), symbole des victimes des mines antipersonnel, a repris sa place devant l'entrée du Palais des Nations à Genève. Elle avait été démontée en mars 2005 pour faire place aux travaux de réaménagement de la place.

"Cette chaise est un symbole vivant de l'engagement de la société civile contre les mines", a affirmé devant les médias Cornelio Sommaruga. Le président du Centre de déminage humanitaire a souligné l'impact visuel très fort de la sculpture, qui est devenue l'emblème de la Genève internationale.

Propriétaire de la fameuse chaise géante au pied cassé, Handicap International s'est réjoui du retour de la sculpture haute de 12 mètres. Sa réinstallation n'allait pas de soi. Elle avait été remise en cause par certaines voix au sein de l'ONU.

Certains ne goûtaient guère la présence d'un monument boiteux devant l'entrée des Nations unies, craignant que le public assimile ce symbole au fonctionnement de l'institution. Handicap International soupçonne aussi les Etats-Unis, la Russie et la Chine, qui n'ont pas ratifié le traité d'Ottawa d'interdiction des mines, de s'être montrés hostiles à l'oeuvre en coulisse.

26.02.2007

Egitto, blogger condannato: le reazioni

Egitto, blogger condannato: le reazioni

Le associazioni umanitarie si muovono. RSF consiglia all'ONU di rifiutare l'ospitalità che il paese ha offerto per l'Internet Governance Forum del 2009

Roma - L'Egitto rischia un danno clamoroso alla propria immagine per la condanna a 4 anni di carcere per un blogger di 22 anni che riteneva di potersi esprimere in libertà. Sta infatti montando ma solo in rete l'indignazione per una sentenza che tutti gli osservatori ritengono oltremodo severa e che sta scaldando quanto mai gli animi della blogosfera egiziana, già impegnata a denunciare pubblicamente il modo in cui vengono trattati dalle forze di polizia, compresi episodi di brutalità (vedi video in calce).

Il caso del giovane Kareem Amer, al secolo Abdel Kareem Nabil Suleiman (nella foto qui sotto), reso noto nella regione dall'emittente Al Jazeera, sta stimolando una ridda di commenti.

Sandmonkey, blogger che ha seguito il processo per Pajamas Media, dà a tutti il benvenuto in quello che definisce clima del Medioriente. Presente al processo, racconta che i giornalisti si sono precipitati fuori dall'aula di tribunale, interessatissimi ad intervistare i passanti, tutti soddisfatti e pronti a infervorarsi contro il giovane sobillatore.

Identica a quella di Sandmonkey l'impressione riguardo al clima locale del blogger Big Pharaoh, secondo cui Kareem non gode della simpatia dei suoi concittadini, più avvezzi alla severità delle autorità pseudodemocratiche che al concetto di libertà di espressione. E di mezzo ci finisce anche la difesa dell'Islam, tirata in ballo in uno dei post di Kareem sconfessato persino da suo padre.

Il bloggerFra coloro che invocano la legge religiosa, riporta Freekareem.org, il sito che raccoglie i sostenitori di Kareem, c'è infatti proprio il padre del blogger. Lo ha disconosciuto, si è presentato al processo con gli alti figli, il Corano saldo nella mente, e ha invocato l'applicazione della Sharia: tre giorni per pentirsi, o la condanna a morte.

Ma è l'immagine del paese a risentirne. Le reazioni fuori dall'Egitto sono infatti di segno del tutto diverso: sono innumerevoli i blogger che commentano e aggiornano, accorati, riguardo all'evento; si sono moltiplicate le petizioni e le manifestazioni (una si è svolta anche in Italia, lo testimonia un video su YouTube), si sono mosse la associazioni per i diritti umani, da Human Rights Watch ad Amnesty International.

Reporters sans Frontiéres (RSF) è ancor più critica: definisce l'esito del processo un disonore per l'Egitto, mettendo in luce l'incoerenza fra le convenzioni internazionali ratificate dal paese e l'articolo della Costituzione che dovrebbe tutelare la libertà di espressione, che cozzano con la selva di leggi che delimitano la libertà di espressione e rendono la sua tutela inefficace. Un'incoerenza che si rispecchia ulteriormente nelle promesse del presidente Mubarak, che proprio tre anni fa annunciava di voler temperare le pene per i reati a mezzo stampa. Nulla si è smosso finora.

Ma le dissonanze non terminano qui, sottolinea RSF. Si inquadrano in quella che sembra una "tradizione del paradosso", che adombra gli afflati libertari della Nazioni Unite, volti a tutelare la libertà della Rete. La Tunisia è stata sede del World Summit on the Information Society (WSIS), pur essendo un paese prono alle censure digitali. In Grecia si è inaugurato il primo Internet Governance Forum (IGF), mentre veniva arrestato l'amministratore di un aggregatore di notizie per aver pestato i piedi, involontariamente, ad un personaggio influente.

L'Egitto è nella lista dei tredici nemici di Internet stilata da RSF: arresta e condanna blogger in maniera disinvolta, e nel 2009 si prevede ospiterà l'Internet Governance Forum per discutere della necessità che l'informazione fluisca libera in Rete. RSF chiede che le Nazioni Unite prendano posizione e rifiutino l'offerta di ospitalità dell'Egitto, per non screditarsi e per lanciare un segnale affinché qualcosa si smuova.

Gaia Bottà
Publié dans "Punto informatico".