26.02.2007
Blog à part
Blog à part
La liberté de la presse était déjà bien mince en Égypte. Avec la condamnation à quatre ans de prison prononcée hier par le tribunal d’Alexandrie contre un blogueur pour avoir « incité à la haine de l’islam » et insulté le président égyptien Hosni Moubarak sur Internet, c’est la liberté d’expression qu’offre Internet qui est cette fois visée. Incarcéré depuis novembre dernier à cause de huit articles diffusés sur son blog, Abdel Karim Souleïman, un ancien étudiant en droit âgé d’une vingtaine d’années, était le premier blogueur à comparaître devant un tribunal en Égypte. Le tribunal lui reproche d’avoir affirmé que l’université Al Azhar du Caire, qui fait autorité dans la communauté sunnite, diffusait des idées extrémistes et s’en être pris à Moubarak en le comparant à un pharaon. Des organisations des droits de l’homme et des blogueurs membres de l’opposition craignent que la condamnation de Souleïman ne fasse jurisprudence et entrave la liberté d’expression sur Internet. « C’est une jurisprudence dangereuse car elle aura des répercussions sur le seul espace de liberté dont nous disposons, que constitue Internet », a estimé un blogueur. Après l’organisation en Tunisie du Sommet mondial sur la société de l’infor- mation (SMSI) en 2005, l’ONU serait bieninspiré de ne pas donner suite à la candidature égyptienne d’organiser le forum sur la gouvernance d’Internet (IGF) en 2009.
Nicolas Guillermin
Article publié dans l'édition du 23 février de l'Humanité.
09:12 Publié dans Proche-Orient, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.07.2006
30 juillet 2006 (Cessez le feu !)
Cessez le feu !
Les milices du Hezbollah crient victoire après le retrait des troupes israéliennes de Bint Jbeil. Selon diverses sources, huit soldats israéliens et cinquante combattants du Hezbollah auraient ont péri dans les affrontements. Les deux parties démentent.
D’ores et déjà, on déplore pour sûr quinze victimes civiles dans cette zone. Quinze victimes de trop.
Le Premier Ministre israélien Ehoud Olmert informe la Secrétaire d’état américaine Condoleezza Rice que dix à quinze jours de plus seront nécessaires afin de terminer l’offensive. À l’ONU, le gouvernement américain soutient qu’il appuie un cessez-le-feu, le plus rapidement possible. Dix à quinze jours, par exemple ? La communauté des nations, qui refuse de donner à l’ONU et à son secrétaire général Kofi Annan le pouvoir dont l’organisation a besoin, ne peut que constater les dégâts de cette inaction complice.
D’ores et déjà, un pays tout entier est pour sûr la victime de ce conflit : le Liban sert de champ à une bataille dont sa population est otage. En dix-huit jours 800'000 personnes ont été déplacées. 800'000 victimes civiles et un pays victime de trop.
Le Hezbollah se félicite de l’efficacité grandissante des roquettes qu’il envoie sur Haïfa, Nahariyya et Saint-Jean d’Acre. Al-Qaida promet de se joindre aux combats et d’amener la terreur plus profondément sur le territoire d’Israël.
D’ores et déjà, huit civils israéliens pour sûr ont péri sous leur feu. Huit victimes de trop.
À Washington, le président Bush retrouve ses réflexes et poursuit sa fuite en avant : selon lui, la situation au Liban est une des nouvelles conséquences des attentats du 11 septembre. Il prône une politique ferme et promet que les USA feront le ménage au Proche-Orient.
Trop c'est trop. Il faut faire cesser immédiatement cet acharnement militaire et la spirale de la violence !
J’exhorte le Conseil de sécurité à adopter des mesures fermes, à exiger un cessez-le-feu immédiat et à établir une force d’interposition militaire internationale onusienne sous commandement européen, probablement français.
Car en effet, d’ores et déjà, en dix-huit jours, six cents civils ont été abattus au Liban.
Six cents victimes de trop.
21:55 Publié dans Actualité, ONU, Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Proche-Orient, Liban, Cessez-le-feu, Hezbollah, Israël


